Face à un nouvel appel à projets lancé par le Département, les professionnels de la protection de l’enfance s’inquiètent des conséquences pour les enfants, les familles, mais aussi pour leurs conditions de travail.
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Les syndicats s’inquiètent des conséquences du nouvel appel à projets – © Photo d’illustration Adobe Stock
Les syndicats CFDT, SUD, CFE-CGC, FO et CGT pointent du doigt le nouvel appel à projets lancé par le Département qui a pour objectif à mettre en œuvre une AMEO (Aide éducative en milieu ouvert). Cela vise à remplacer le placement éducatif à domicile supprimé en octobre dernier par la Cour de cassation. Quatre associations et fondations sont concernées : la Fondation des Apprentis d’Auteuil, l’Association pour la Sauvegarde de l’enfance et de l’adolescent à l’adulte (ASEA49), et les associations Marie-Durand et Inalta.
Davantage d’enfants en attente de placement
Les premiers appel à projets concernant la protection de l’enfance, qui remontent à 2016-2017, ont laissé des traces selon les syndicats. Les structures qui hébergeaient à l’époque 698 mineurs placés ont été mises en concurrence. « À cette époque, 200 enfants en situation de danger n’étaient pas placés faute de capacité d’accueil suffisante. Aujourd’hui, ils sont 300 sur l’ensemble du département. Ces premiers appels à projets n’ont pas été positifs », souligne Jean-Philippe Barlouis (FO).
Pour les syndicats, les conséquences de ces appels à projets ont plutôt été désastreux : dégradations des conditions de travail, suppression de postes, placements brutaux pour les enfants…
« Ce fut un échec, mais le Département recommence sous la forme de l’appel à projets qui est la forme la plus violente pour les enfants et les salariés impliqués dans leur accompagnement », complète Sandra Moron (CGT).
« Les conditions de travail continuent de se dégrader »
« Nous sommes déjà dans un secteur qui peine à recruter, car les personnes qualifiées ne souhaitent pas travailler dans ces conditions. Le nombre d’enfants dont nous devons nous occuper augmente, mais les moyens ne suivent pas. Les conditions de travail continuent de se dégrader, pour autant, les élus du Département disent que tout va bien. Il y a un fossé entre la réalité sur le terrain et les discours des élus », ajoute Martin Nivault (Sud Santé Sociaux).
Si l’appel à projets va à son terme, la mise en œuvre est prévue pour la fin de l’année. « Les enfants vont être impactés directement aussi. Ils devront changer d’éducateurs et d’associations. Le suivi recommencera de zéro », déplore Sandra Moron.
« Du rififi dans les rues d’Angers »
Les syndicats attendent désormais de rencontrer la présidente du Département, Florence Dabin, avant le vote du budget prévu les 12 et 13 mars prochains. « Mme Dabin peut s’attendre à ce qu’il y ait du rififi dans les rues d’Angers si rien ne change », annonce Jean-Philippe Barlouis du syndicat Force Ouvrière.
« Il me semble que gouverner, c’est anticiper et prévoir. Les enfants qui ne sont pas pris en charge au bon moment, il ne faudra pas s’étonner qu’à 15 ans ils passent à l’acte et qu’ils fassent n’importe quoi. Au final, ça coûtera bien plus cher à la société », alerte Christelle Annonier (CGT).
Par Sylvain Réault.
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