À Angers, la Pépinière Artistique Daviers est un espace de travail et d’expérimentation voué aux artistes des arts visuels et du spectacle vivant. Portée par trois structures, elle favorise la création et les échanges dans un cadre mutualisé.
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Trois compagnies et collectifs sont réunis dans le PAD. – © Angers.Villactu.fr
Nichée derrière le musée Jean-Lurçat et de la tapisserie contemporaine, au 3 boulevard Daviers, la Pépinière Artistique Daviers, dite le PAD, est le fruit d’un travail comment entre la ville d’Angers et de trois compagnies artistiques : la Compagnie Loba, la Compagnie Nathalie Béasse et le collectif BLAST.
Fondée en 2011, le lieu offre aux artistes un espace de travail et d’expérimentation mutualisé, terreau fertile à l’émergence et aux rencontres artistiques de tous genre.
« Un espace d’expérimentation et de mutualisation »
Dans un premier temps, le PAD se distingue par sa mission : proposer aux artistes un environnement propice à la recherche et à l’exploration : « Ce lieu permet d’expérimenter, de se tromper et de recommencer, ce qui est essentiel pour la création et très recherché par les artistes de manière générale. Ils n’ont pas l’obligation, en sortie de résidence, de présenter une production immédiate », explique Baptiste Jan, artiste et membre du collectif BLAST. « C’est un lieu qui permet de penser et réfléchir à ses projets avant le souci du rendement », ajoute Charlotte Hubert, également artiste et membre du collectif.
L’espace est partagé entre les trois structures résidentes qui accueillent une trentaine d’artistes ou compagnies par an, pour des résidences allant de quinze jours à trois mois. Cette mutualisation est l’un des aspects fondamentaux du PAD. « L’idée, c’est que les artistes puissent se croiser et échanger, poursuit Charlotte Hubert. On accueille souvent des résidents de disciplines différentes au même moment, ce qui suscite des collaborations inattendues ».
Le fonctionnement repose sur une autonomie totale des structures. Chacune sélectionne ses artistes en fonction de sa ligne artistique. « On veut que ce soit un espace de liberté, où l’artiste puisse avancer sans contrainte », précise Annabelle Sergent, metteuse en scène et membre de la Compagnie Loba.
Un lieu ouvert sur le monde
Bien que discret dans le paysage culturel angevin, le PAD attire également des artistes internationaux. « Nous avons accueillis des résidences venant de Belgique, d’Angleterre, d’Espagne, note Nathalie Béasse. Le bouche-à-oreille fonctionne, et nous recevons de plus en plus de demandes de résidence ». En 2023, plus de 300 candidatures ont été soumises, alors que seules une trentaine peuvent être retenues.
Cette ouverture se traduit également dans les partenariats, le PAD collaborant avec le service culturel de la ville ou l’École des Beaux-Arts d’Angers. Il propose aussi un logement mutualisé pour les artistes en résidence. « Avoir un appartement partagé permet aux artistes de se retrouver autour d’un repas, d’échanger sur leurs pratiques et de créer des connexions », explique Charlotte Hubert.
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Des artistes de différents univers se croisent sur un seul et même lieu. – © Angers.Villactu.fr
Un soutien affirmé de la ville d’Angers
La ville d’Angers est un acteur clé du maintien et du développement du PAD : « Angers doit être une ville d’accueil pour tous les artistes, quelles que soient leurs pratiques », affirme Nicolas Dufetel, adjoint au maire en charge de la Culture et du Patrimoine. Lors du dernier conseil municipal, les subventions aux trois compagnies, à hauteur de 10 000 euros chacune, ont été reconduites « Nous nous engageons à ne pas baisser ces financements et à garantir les conditions de travail des artistes », ajoute-t-il.
Le soutien de la ville ne se limite pas au financement. Des travaux ont été réalisés pour améliorer les infrastructures et optimiser l’accueil des résidents. « Nous avons réaménagé certains espaces pour permettre une meilleure circulation et un confort accru », précise l’adjoint.
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Le PAD se situe au 3 boulevard Daviers, à Angers. – © Angers.Villactu.fr
Vers une plus grande visibilité
Si le PAD demeure avant tout un lieu de recherche et d’expérimentation, il ouvre ponctuellement ses portes au public : « Nous organisons des sorties de résidence, mais aussi des rencontres professionnelles pour aider les artistes à se faire connaître », explique Annabelle Sergent.
Une journée est notamment prévue le 20 mars prochain avec une présentation de projets destinée aux professionnels du secteur. « L’idée est de permettre aux artistes en résidence de présenter leurs travaux en cours à des programmateurs et diffuseurs, afin de favoriser la diffusion de leurs créations », indique Nathalie Béasse.
Par Eline Vion.
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