Près de 500 personnes se sont réunies devant la préfecture de Maine-et-Loire pour lutter contre l’extrême droite, après son résultat aux élections européennes.
Au lendemain des élections européennes marquées par un score élevé du Rassemblement national, près de 500 personnes se sont réunies à Angers ce lundi 10 juin en réponse à un appel lancé par la CGT.
Le rassemblement, organisé devant la préfecture de Maine-et-Loire, a vu la participation de nombreux jeunes ainsi que de représentants de partis politiques, d’ONG, de syndicats et de quelques élus locaux.
« Il n’y a pas de fatalité »
Parmi les personnalités présentes, Claire Schweitzer (LFI) et Romain Laveau (EELV) ont pris la parole pour encourager une unité des forces politiques de gauche. Claire Schweitzer a insisté sur l’importance de « mobiliser dans les écoles, les entreprises et auprès des voisins, en appelant à la formation d’un front populaire le 30 juin ». De son côté, Romain Laveau a souligné « la nécessité de se rendre dans les petites communes pour combattre la peste brune et afin de promouvoir la solidarité et dépasser les clivages »
Pour Claude Rannou, représentant de la CGT 49, « c’était un drôle de week-end. On commence par les commémorations du 6 juin qui encense la lutte contre le nazisme et dans le même week-end le RN et Zemmour font 40 % aux européennes à tous les deux. Une heure après, Macron provoque la dissolution de l’Assemblée nationale, c’est vertigineux. Le gouvernement a banalisé l’extrême droite et a permis sa montée. Il leur offre sur un plateau la possibilité de gouverner. On est obligé de réagir car nous sommes à un tournant de notre histoire ».
Même constat pour Benjamin Briand-Bouchet, membre de l’UNEF : « Il faut se rendre compte que le RN est l’ennemi principal du peuple avec l’aide des macronistes. Macron leur a offert l’espace politique, notamment avec la loi immigration. Il faut que la gauche réagisse. Il n’y a pas de fatalité, on n’est pas obligé d’être dirigé par un gouvernement mené par l’austérité et la haine ».
Une manifestation sauvage
Débuté à 19 h, le rassemblement s’est déroulé dans une atmosphère calme. À l’appel d’un petit groupe, plusieurs centaines de personnes se sont ensuite dirigées vers le centre-ville pour poursuivre la manifestation.
Le cortège est ensuite parti en direction des Halles Cœur de Maine, où la présence des Blancs de l’Ouest fait polémique, avant de se diriger vers la rue Parcheminerie, où plusieurs individus sont entrés par effraction dans le bar le Bazar. Considéré comme un bar d’extrême droite, du matériel ainsi que le contenu de la caisse y ont été dérobés.
La mobilisation contre l’extrême droite dégénère à Angers. Le cortège qui a essayé de s’approcher des Halles Biltoki s’en prend au bar « Le Bazar » rue Parcheminerie.
Pour les manifestants il s’agit d’un bar d’extrême droite.#Angers #manifestation pic.twitter.com/w3A0DP7SBD
— Angers Villactu (@AngersVillactu) June 10, 2024
Les forces de l’ordre ont ensuite utilisé des gaz lacrymogènes pour empêcher les manifestants de descendre les marches de la cathédrale Saint-Maurice et afin de les disperser place Sainte-Croix, où des manifestants s’étaient regroupés face à des habitants arborant des drapeaux français sur leurs balcons.
Entre 200 et 300 personnes continuent de manifester dans les rues du centre-ville contre l’extrême droite. Les forces de l’ordre font usage de gaz lacrymogène pour les repousser.#Angers #manifestation pic.twitter.com/dxX7vtrfV7
— Angers Villactu (@AngersVillactu) June 10, 2024
Par Eline Vion.